The French Edit #3 : Maison Pérégrinations, la marque fondée par une Française qui vous invite à explorer les ateliers d’artisans chinois

Céline partage son amour pour l’artisanat chinois, les intérieurs pleins d’âme et la beauté des objets glanés au fil des voyages

15 Mai 2026


The French Edit #3 : Maison Pérégrinations, la marque fondée par une Française qui vous invite à explorer les ateliers d’artisans chinois
Par Aude Camus
 
Il y a quelque chose d’étrangement addictif à entrer dans un lieu où chaque objet semble avoir une histoire.
 
C’est exactement ce que j’ai ressenti en découvrant Maison Pérégrinations. Une vieille pelle à riz en bois qui a probablement vécu dans une ferme de campagne. Un moule à mooncake sculpté à la main, aujourd’hui transformé en coquetier. Un plateau laqué dont la patine raconte déjà des années de vie. Le genre d’objets qui rendent instantanément un intérieur plus vivant, plus personnel, plus chaleureux.
 
Caché dans le showroom de The Collective Room HK à Wong Chuk Hang, l’endroit ressemble moins à une boutique qu’au garde-meuble rempli de trésors d’une personne ayant beaucoup voyagé, et déniché de jolies pépites au cours de ses pérégrinations. 
 
C’est le troisième volet de ma série “The French Edit”, dans laquelle je mets en lumière des marques, créatifs et concepts fondés par des Français qui participent à façonner Hong Kong à leur manière. Entre marques wellness, boutiques indépendantes et espaces soigneusement pensés, cette série est ma façon de raconter ces entrepreneurs français qui apportent à la ville une certaine sensibilité, créativité et attention au détail. Et Maison Pérégrinations s’inscrit parfaitement dans cet univers.






Fondée Céline, française donc, Maison Pérégrinations est née de ses nombreux voyages à travers la Chine et d’une fascination pour l’artisanat traditionnel chinois — un savoir-faire souvent méconnu ou sous-estimé en dehors du pays. 
 
Certaines pièces sont anciennes, d’autres vintage, d’autres encore issues de collaborations contemporaines avec des artisans — mais tout est sélectionné avec intention. Céline travaille notamment avec de petits ateliers à Jingdezhen, considérée comme la capitale chinoise de la porcelaine, afin de proposer des pièces contemporaines tout en restant profondément ancrées dans des savoir-faire centenaires.
 
Ce que j’aime particulièrement chez elle, c’est sa manière d’aborder tout cela. Il y a une sensibilité très française dans la façon dont elle sélectionne et met en scène ces objets — pas de manière forcée ou excessivement esthétique, mais plutôt dans cette capacité naturelle à imaginer comment ils pourraient vivre dans nos intérieurs contemporains.
 
De grands pots anciens du Shanxi côtoient des tabourets sculpturaux en bois. Des volets en bois deviennent des œuvres murales. Des ustensiles de cuisine traditionnels ressemblent soudain à des pièces qu’on pourrait retrouver dans un boutique-hôtel à Kyoto ou à Paris. Des céramiques chinoises anciennes trouvent naturellement leur place dans des espaces minimalistes.
 
Céline a cette capacité rare de regarder au-delà de la fonction initiale d’un objet et de réinventer la manière dont il peut apporter texture, chaleur et caractère à notre façon de vivre aujourd’hui. Plutôt que de suivre les tendances ou de sourcer une décoration lisse et produite en masse, elle privilégie les objets avec de l’âme, des imperfections et une vraie présence. Et c’est exactement ce qui rend cet endroit si captivant.
 
Il y a quelque chose de profondément chaleureux dans cette sélection, qui donne immédiatement envie de repenser son intérieur. Pas dans le sens “tout jeter et refaire sa déco”, mais plutôt dans le sens ajouter des touches uniques, de l’âme, ici et là.
 
L’un de mes coins préférés du showroom reste la sélection de céramiques sourcées à Jingdezhen. Des formes organiques, des glaçures subtiles, des textures brutes — le genre de vaisselle qui n’en fait pas trop et pourtant change tout. 
 
Le showroom possède aussi cette qualité rare d’être à la fois inspirant et profondément accessible. On ne se contente pas d’admirer les objets : on commence immédiatement à imaginer comment ils pourraient vivre chez soi.
 
Et puis, l’endroit incarne parfaitement ce que j’aime tant à Wong Chuk Hang aujourd’hui. Au fil des années, le quartier s’est discrètement transformé en l’un des hubs créatifs les plus intéressants de Hong Kong, entre galeries, studios de design, marques indépendantes et showrooms cachés dans d’anciens bâtiments industriels.
 
Dans un monde où les intérieurs deviennent de plus en plus dictés par les algorithmes et finissent souvent par tous se ressembler, Maison Pérégrinations rappelle à quel point les espaces les plus beaux sont souvent ceux construits lentement, avec intention et émotion.
 
Tout n’a pas besoin d’être assorti. Tout n’a pas besoin d’être neuf. Maison Pérégrinations nous rappelle surtout que les intérieurs les plus intéressants sont souvent ceux nourris par la curiosité, les souvenirs et les voyages.

 
 
 
 
11/D, Kwai Bo Building, 40 Wong Chuk Hang Road, Wong Chuk Hang
Instagram: @maison_peregrinations








 


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