Interview réalisé en anglais puis traduit en français par Aude Camus
Comment ai-je célébré les premiers jours de 2026 ? Par une nuit délicieusement excessive chez Jean-Pierre — avec, disons-le, un peu trop de Champagne (oups). Steak tartare, huîtres, Cornichon Martinis, bulles à flots et groupe live : le décor était planté.
Parmi les plus belles ouvertures de restaurants à Hong Kong en 2025, Jean-Pierre s’impose comme une ode à l’art de vivre à la française. Ici, l’indulgence est assumée, les soirées sont jubilatoires, et la joie de vivre n’est jamais en option. Un lieu vibrant, chaleureux, presque théâtral, imaginé par Marc comme une déclaration d’amour aux bistrots parisiens et à leurs nuits sans fin.
Je l’ai interviewé pour tenter de percer les secrets de ce qui fait déjà de Jean-Pierre l’un des restaurants les plus atmosphériques de la ville.
Jean-Pierre est souvent décrit comme une « lettre d’amour aux bistrots parisiens » ou une recréation de l’esprit français à l’ancienne. Quelle était ta vision fondatrice en imaginant ce restaurant ?
Comment ai-je célébré les premiers jours de 2026 ? Par une nuit délicieusement excessive chez Jean-Pierre — avec, disons-le, un peu trop de Champagne (oups). Steak tartare, huîtres, Cornichon Martinis, bulles à flots et groupe live : le décor était planté.
Parmi les plus belles ouvertures de restaurants à Hong Kong en 2025, Jean-Pierre s’impose comme une ode à l’art de vivre à la française. Ici, l’indulgence est assumée, les soirées sont jubilatoires, et la joie de vivre n’est jamais en option. Un lieu vibrant, chaleureux, presque théâtral, imaginé par Marc comme une déclaration d’amour aux bistrots parisiens et à leurs nuits sans fin.
Je l’ai interviewé pour tenter de percer les secrets de ce qui fait déjà de Jean-Pierre l’un des restaurants les plus atmosphériques de la ville.
Jean-Pierre est souvent décrit comme une « lettre d’amour aux bistrots parisiens » ou une recréation de l’esprit français à l’ancienne. Quelle était ta vision fondatrice en imaginant ce restaurant ?
Nous voulions avant tout créer un grand restaurant — un lieu qui serve la meilleure version possible de la cuisine de bistrot classique à Hong Kong, avec un service à la fois compétent et chaleureux. Un endroit où l’on célèbre aussi bien les petits moments que les grandes étapes de la vie : un premier rendez-vous, un deuxième, une bouteille de vin partagée avec son meilleur ami, une rupture que l’on tente d’oublier accoudé au bar, un anniversaire, ou un mercredi soir improvisé après un sixième Cornichon Martini…
Mon père, Jean-Pierre, est né à la fin des années 1930. J’ai grandi en écoutant ses histoires incroyables avec son frère Jean-Paul — son service militaire, sa jeunesse dans les années 60 et 70, ses nuits folles… J’ai toujours été fasciné par les photos, les films et la musique de cette époque : la façon de s’habiller, la révolution des mœurs, le rythme effréné, les tables désordonnées couvertes de grands plats, les salles enfumées par les cigarettes… Pour moi, c’est une scène de cinéma parfaite.
Le restaurant porte justement le prénom de ton père. Quelles sont ses qualités ou les souvenirs que tu souhaitais capturer à travers ce projet ?
Son amour de la vie et sa générosité. Mon père était un véritable bon vivant — un épicurien qui aimait partager de bons plats et de belles bouteilles avec ses amis et sa famille. Mon tout premier souvenir de lui, c’est moi assis à sa gauche, goûtant une gorgée de Bordeaux dans un immense verre à vin. J’avais probablement cinq ans.
Mes souvenirs les plus chers sont ces soirées spéciales où il s’habillait pour l’occasion, mettait son parfum signature, ouvrait une belle bouteille pour ses amis et racontait ses voyages jusque tard dans la nuit. C’est exactement l’esprit de Jean-Pierre.
Ton enfance a-t-elle influencé ton approche de l’hospitalité ?
J’ai grandi à Lille avec mes deux frères, Pierre et Luc. Trois garçons sous le même toit — je te laisse imaginer le chaos. Très tôt, notre père nous a appris une chose essentielle : « tout ce qui est à table est à tout le monde ». La nourriture était faite pour être partagée, et la table était sacrée.
Mon père était un entrepreneur à succès, respecté par ses équipes. Il était exigeant, mais aussi extrêmement généreux — et il le montrait par ses actes. Nous avons aussi grandi dans une maison où il y avait toujours une chaise et une assiette en plus pour quelqu’un de passage.
Quel rôle joue l’atmosphère — musique, lumière, décor, théâtralité — par rapport à la cuisine ?
Mon père, Jean-Pierre, est né à la fin des années 1930. J’ai grandi en écoutant ses histoires incroyables avec son frère Jean-Paul — son service militaire, sa jeunesse dans les années 60 et 70, ses nuits folles… J’ai toujours été fasciné par les photos, les films et la musique de cette époque : la façon de s’habiller, la révolution des mœurs, le rythme effréné, les tables désordonnées couvertes de grands plats, les salles enfumées par les cigarettes… Pour moi, c’est une scène de cinéma parfaite.
Le restaurant porte justement le prénom de ton père. Quelles sont ses qualités ou les souvenirs que tu souhaitais capturer à travers ce projet ?
Son amour de la vie et sa générosité. Mon père était un véritable bon vivant — un épicurien qui aimait partager de bons plats et de belles bouteilles avec ses amis et sa famille. Mon tout premier souvenir de lui, c’est moi assis à sa gauche, goûtant une gorgée de Bordeaux dans un immense verre à vin. J’avais probablement cinq ans.
Mes souvenirs les plus chers sont ces soirées spéciales où il s’habillait pour l’occasion, mettait son parfum signature, ouvrait une belle bouteille pour ses amis et racontait ses voyages jusque tard dans la nuit. C’est exactement l’esprit de Jean-Pierre.
Ton enfance a-t-elle influencé ton approche de l’hospitalité ?
J’ai grandi à Lille avec mes deux frères, Pierre et Luc. Trois garçons sous le même toit — je te laisse imaginer le chaos. Très tôt, notre père nous a appris une chose essentielle : « tout ce qui est à table est à tout le monde ». La nourriture était faite pour être partagée, et la table était sacrée.
Mon père était un entrepreneur à succès, respecté par ses équipes. Il était exigeant, mais aussi extrêmement généreux — et il le montrait par ses actes. Nous avons aussi grandi dans une maison où il y avait toujours une chaise et une assiette en plus pour quelqu’un de passage.
Quel rôle joue l’atmosphère — musique, lumière, décor, théâtralité — par rapport à la cuisine ?
Quand vous entrez dans l’un de nos restaurants [Black Sheep], nous voulons que vous sentiez que quelqu’un a pris soin de chaque détail. L’atmosphère, c’est avant tout ce que l’on fait ressentir à nos invités — bien plus que simplement les nourrir. Nous ne sommes pas un groupe de restauration, nous sommes des hôtes.
Pour Jean-Pierre, nous avons passé près de cinquante heures uniquement sur les playlists. Nous avons soigné chaque détail narratif du menu, sélectionné chaque photo et chaque œuvre d’art, parce que nous accordons une importance immense à ce que vous ressentez.
La convivialité et les moments théâtraux sont très présents — crêpes flambées à table, La Table de Jean-Pierre… Comment éviter que cela ne devienne trop ?
Cela devient artificiel quand les fondamentaux ne sont pas là. À Jean-Pierre, nous mettons toute notre énergie sur l’essentiel : un accueil chaleureux, une commande prise correctement, un verre de vin rempli sans que vous ayez à le demander…
Pour Jean-Pierre, nous avons passé près de cinquante heures uniquement sur les playlists. Nous avons soigné chaque détail narratif du menu, sélectionné chaque photo et chaque œuvre d’art, parce que nous accordons une importance immense à ce que vous ressentez.
La convivialité et les moments théâtraux sont très présents — crêpes flambées à table, La Table de Jean-Pierre… Comment éviter que cela ne devienne trop ?
Cela devient artificiel quand les fondamentaux ne sont pas là. À Jean-Pierre, nous mettons toute notre énergie sur l’essentiel : un accueil chaleureux, une commande prise correctement, un verre de vin rempli sans que vous ayez à le demander…
Cela peut sembler évident, mais c’est exactement là-dessus que nous travaillons avec l’équipe. Pour le côté théâtral, tout se fait naturellement. Nous avons réuni une équipe de personnalités, qui s’amusent et se respectent. Il n’y a pas de script — chaque soir est différent, et chacun est encouragé à être lui-même.
Les clients hongkongais apprécient souvent les moments “Instagrammables”. Cela a-t-il influencé vos choix ?
Pas du tout. Tout ce que nous faisons s’inspire d’une époque bien antérieure à Internet. C’est un spectacle pour les yeux et pour le cœur. J’aime les restaurants où la musique est presque trop forte, la lumière un peu trop tamisée, et les saveurs assumées.
Le chef John Troupis dirige les cuisines. Comment s’est fait ce choix ?
John et moi travaillons ensemble depuis de nombreuses années. Nous avons ouvert Magistracy Dining Room ensemble avant Jean-Pierre, et je ne pouvais rêver meilleur chef pour porter ce projet. Il connaît la cuisine française sur le bout des doigts — il y a consacré quinze ans de sa vie. Il est passionné, rigoureux et un leader exceptionnel.
Comment se fait l’équilibre entre authenticité à la française et pertinence pour le marché Hongkongais ?
Les clients hongkongais apprécient souvent les moments “Instagrammables”. Cela a-t-il influencé vos choix ?
Pas du tout. Tout ce que nous faisons s’inspire d’une époque bien antérieure à Internet. C’est un spectacle pour les yeux et pour le cœur. J’aime les restaurants où la musique est presque trop forte, la lumière un peu trop tamisée, et les saveurs assumées.
Le chef John Troupis dirige les cuisines. Comment s’est fait ce choix ?
John et moi travaillons ensemble depuis de nombreuses années. Nous avons ouvert Magistracy Dining Room ensemble avant Jean-Pierre, et je ne pouvais rêver meilleur chef pour porter ce projet. Il connaît la cuisine française sur le bout des doigts — il y a consacré quinze ans de sa vie. Il est passionné, rigoureux et un leader exceptionnel.
Comment se fait l’équilibre entre authenticité à la française et pertinence pour le marché Hongkongais ?
Être authentique à dix mille kilomètres de Paris est un défi. Ce que nous avons voulu créer, c’est le modèle d’un excellent bistrot — le meilleur possible, selon nous. Il n’y a pas de classement dire quel est le meilleur bistro du monde, c’est une histoire de feeling, et une quête sans fin.
C’est pour cela que nous sommes partis à Paris et à Lyon — Asim (ndlr : le fondateur de Black Sheep Restaurants), le chef Matthew Kirkley, le chef John Troupis, Nathan de notre équipe contenu et moi-même — pour ressentir ce que nous cherchions vraiment. Il semblait essentiel de visiter des vrais bistros avant de se lancer. Mais ce que nous avons créé ensuite est différent, ce n’est pas une copie, c’est un lieu unique qui a sa propre identité. Je veux que les clients l’appellent simplement Jean-Pierre.
Quel plat incarne le mieux l’âme de Jean-Pierre ?
C’est pour cela que nous sommes partis à Paris et à Lyon — Asim (ndlr : le fondateur de Black Sheep Restaurants), le chef Matthew Kirkley, le chef John Troupis, Nathan de notre équipe contenu et moi-même — pour ressentir ce que nous cherchions vraiment. Il semblait essentiel de visiter des vrais bistros avant de se lancer. Mais ce que nous avons créé ensuite est différent, ce n’est pas une copie, c’est un lieu unique qui a sa propre identité. Je veux que les clients l’appellent simplement Jean-Pierre.
Quel plat incarne le mieux l’âme de Jean-Pierre ?
Je peux en en choisir trois ? L’Œuf Mimosa — l’essence même du bistrot, simple et délicieux, servi pour l’équivalent d’1€ seulement. Le Poulet de Simone : nous sommes fiers de servir l'un des meilleurs poulets du monde, élevé ici à Hong Kong dans cette ville qui est notre maison. Et le Baba au Rhum — le second amour de Jean-Pierre.
Les restaurants français ne manquent pas à Hong Kong. Quel est selon toi l’élément qui distingue fondamentalement Jean-Pierre des autres ?
La nostalgie. On dit que la nostalgie est un voyage vers sa jeunesse. Ramener nos clients à leurs souvenirs — leur enfance en France, leurs vacances d’été, leur lune de miel à Paris — c’est notre super-pouvoir.
Pour toi qu’est-ce qui permet d’affirmer qu’un restaurant est couronné de succès (ou pas) ?
En restauration, le succès est impitoyable — on est toujours jugé sur le dernier service. Pour nous, le succès, ce sont les souvenirs, les émotions, les liens créés. Les histoires que l’on racontera à nos enfants dans trente ans. C’est intangible, mais profondément précieux.
Personnellement, donner vie à ce restaurant avec mon mentor Asim, et lui donner le prénom de mon père, était déjà un rêve accompli.
Qui est l’invité idéal de Jean-Pierre ?
Celui qui vient pour un verre et un Croque-Monsieur au bar, reste pour la musique, se laisse emporter par la soirée… et danse sur le bar une fois les portes fermées.
Jean-Pierre est-il un projet unique ou le début de quelque chose de plus grand ?
Les deux. C’est un projet passion, mais aussi le début de plus grandes ambitions. Mon père ne nous aurait jamais laissés nous arrêter là.
J’imagine que l’ouverture en 2025 ne s’est pas faite sans stress. Comment décompresses-tu ?
Les restaurants français ne manquent pas à Hong Kong. Quel est selon toi l’élément qui distingue fondamentalement Jean-Pierre des autres ?
La nostalgie. On dit que la nostalgie est un voyage vers sa jeunesse. Ramener nos clients à leurs souvenirs — leur enfance en France, leurs vacances d’été, leur lune de miel à Paris — c’est notre super-pouvoir.
Pour toi qu’est-ce qui permet d’affirmer qu’un restaurant est couronné de succès (ou pas) ?
En restauration, le succès est impitoyable — on est toujours jugé sur le dernier service. Pour nous, le succès, ce sont les souvenirs, les émotions, les liens créés. Les histoires que l’on racontera à nos enfants dans trente ans. C’est intangible, mais profondément précieux.
Personnellement, donner vie à ce restaurant avec mon mentor Asim, et lui donner le prénom de mon père, était déjà un rêve accompli.
Qui est l’invité idéal de Jean-Pierre ?
Celui qui vient pour un verre et un Croque-Monsieur au bar, reste pour la musique, se laisse emporter par la soirée… et danse sur le bar une fois les portes fermées.
Jean-Pierre est-il un projet unique ou le début de quelque chose de plus grand ?
Les deux. C’est un projet passion, mais aussi le début de plus grandes ambitions. Mon père ne nous aurait jamais laissés nous arrêter là.
J’imagine que l’ouverture en 2025 ne s’est pas faite sans stress. Comment décompresses-tu ?
Je me ressource en voyageant. J’aime aussi le sport quand il est ludique et compétitif. La légèreté est essentielle pour moi. Je pourrais te dire que je médite et bois des jus verts tous les jours — mais pas vraiment. Pour me recentrer, il me faut un bon dîner et une fête entre amis.
Tes adresses préférées à Hong Kong ?
En solo : le menu du chef Luca Marinelli, un bon ami, servi au bar du Salon des Refusés et composé en fonction de l’arrivage de fruits de mer du jour.
Petit-déjeuner du week-end : Rajasthan Rifles au Peak, après une randonnée.
Douceur : le Macaron d’Amiens de la Maison Trogneux, un thé glacé citron à la hongkongaise (50 % moins sucré), et la glace pistache de Messina.
Y-a-t-il une douceur locale à laquelle tu ne peux pas résister ?
Le French Toast au pandan de Chef ArChan chez Ho Lee Fook
Un restaurant hongkongais qui t’a marqué récemment, que cela soit une nouvelle ouverture ou une institution qui résiste à l’épreuve du temps ?
Luk Yu Tea House — une institution cantonaise depuis 1933. Si nos clients viennent encore chez Jean-Pierre dans quatre-vingts ans, alors nous aurons réussi.
Tes adresses préférées à Hong Kong ?
En solo : le menu du chef Luca Marinelli, un bon ami, servi au bar du Salon des Refusés et composé en fonction de l’arrivage de fruits de mer du jour.
Petit-déjeuner du week-end : Rajasthan Rifles au Peak, après une randonnée.
Douceur : le Macaron d’Amiens de la Maison Trogneux, un thé glacé citron à la hongkongaise (50 % moins sucré), et la glace pistache de Messina.
Y-a-t-il une douceur locale à laquelle tu ne peux pas résister ?
Le French Toast au pandan de Chef ArChan chez Ho Lee Fook
Un restaurant hongkongais qui t’a marqué récemment, que cela soit une nouvelle ouverture ou une institution qui résiste à l’épreuve du temps ?
Luk Yu Tea House — une institution cantonaise depuis 1933. Si nos clients viennent encore chez Jean-Pierre dans quatre-vingts ans, alors nous aurons réussi.



